Philippe Contal, lors d'une conférence de présentation de son ouvrage «Passion Wbemaster» PASSION WEBMASTER
Donner du Sens aux Systèmes et Technologies de l'Information

Philippe Contal (éditions ISDO, 2001) - ISBN 2-9516435-0-0 - EAN 9782951643505

Disponible également en version imprimée 
 
     

     
 
 Passion Webmaster 
 Avant-propos 
 1- Introduction 
 2- Internet pour faciliter les échanges de données informatisées 
 3- A la découverte du web… 
 4- www.alpha-c.com 
 5- Veille stratégique et industrie mécanique 
 6- Conférences 
 7- Voyage en Terre d'Oc, le catharisme : www.cathares.org 
 8- Deux champs d'expérience… 
 9- @pex, l'intranet du groupe Alpha-C 
 10- Le Projet Beaucéant : www.templiers.org 
 11- Internet, intranet et communication 
 12- Création d'@drénalyne communication 
 13- Création d'Histophile : www.histophile.com 
 14- Création du groupe I.S.D.O. : www.isdo.net 
 15- Le groupe I.S.D.O., IT-Lab 
 16- Intelligence économique et veille stratégique 
 17- Conclusion 
 Glossaire 
 
     
Avant-propos

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«Il n'est rien de plus difficile à prendre en main, de plus périlleux à diriger,
ou de plus aléatoire, que de s'engager dans la mise en place d'un nouvel ordre des choses,
car l'innovation a pour ennemis tous ceux qui ont prospéré dans les conditions passées
et a pour tièdes défenseurs tous ceux qui peuvent prospérer dans le nouvel ordre.»


Machiavel, Le Prince


Pourquoi ce travail, pourquoi ce livre ?

Notre point de vue sur le phénomène des nouvelles technologies est souvent partiel voire partial. Nous sommes dans un bain de discours dont nous ne percevons pas toujours les tenants et les aboutissants, nous subissons diversement l'introduction de ces objets dans nos vies sans nous poser des questions plus fondamentales sur leur sens pour l'homme. Notre travail change sans que nous ayons bien conscience de ce qui se joue au travers de ce nouveau moyen de communiquer. Nous tenterons d'aller à l'essentiel en donnant, certes un point de vue singulier, qui est celui d'un parcours dans la découverte des nouvelles technologies mais qui par les péripéties vécues dans un esprit de découvreur passionné (accompagné par son ange gardien), peut ouvrir un dialogue avec ceux qui sont confrontés à cet outil et qui se demandent ce qu'il représente pour eux ou quelle est son utilité ?

D'autres questionnements traversent ce livre, ils nous disent qu'il est temps de penser le monde autrement sans craindre toujours d'y perdre quelque chose de son âme. Parce qu'un outil demeure un outil et qu'il peut faire le mieux comme le pire, à charge pour l'homme de donner un sens à ses créations. Il nous faudra abandonner quelques certitudes, quelques habitudes, non laisserons des choses derrière nous et en découvrirons d'autres.

Aujourd'hui, expert dans les nouvelles technologies, mon projet est de vous raconter mon parcours et de repositionner dans une forme simple et imagée l'outil Internet et ses fonctions dans différents domaines d'application. Il me semble nécessaire de dédramatiser cet outil qui fait couler tant d'encre. Il est vrai que je fais tout pour défendre l'idée que l'Internet n'est pas un outil pour gamin, c'est un outil de communication qui a ses règles propres mais encore faut-il comprendre ce que nous entendons par "communication".

L'Internet n'est pas un mode de communication mais plutôt un mode de création, de traitement et de diffusion de l'information.

C'est à partir de mon expérience progressive dans la volonté d'introduction des technologies de l'information dans mon entreprise que l'Internet a pris pour moi une dimension nouvelle et inattendue. Au départ, les questions que je me posais pour l'entreprise étaient liées à la communication : courrier électronique, communiquer par le web, rechercher, organiser l'information, puis elles devinrent des questions sur l'intelligence économique et la veille, le référencement, le marketing. Mes questionnements étaient multiples et je cherchais la relation entre l'Internet et le management. Il était évident que cet outil apporterait des modifications profondes dans l'approche des organisations, les nouvelles technologies allaient avoir une influence importante sur le travail et sur l'emploi. Quelles seraient les conséquences des nouvelles organisations de l'entreprise ? Les méthodes traditionnelles de communication allaient être remises en cause par les nouvelles formes du travail. L'arrivée d'Internet dans les relations entre entreprises permettrait de créer un réseau d'informations entre de multiples partenaires. L'apport des nouvelles technologies allait provoquer des modifications profondes dans la nature même du travail.

A tous les niveaux, chacun au sein de l'entreprise, doit développer ses compétences relationnelles, mais penser que l'ordinateur puisse remplacer ces compétences est une aberration. La machine n'a pas cette vertu, les relations entre les individus priment toujours et elles ne peuvent être remplacées par un objet.

Mais comment aurais-je pu soupçonner qu'un jour l'Internet finirait par prendre une telle place dans mes activités et que je serais amené à changer d'entreprise pour lui consacrer tout mon temps ?

Le terme originalité ne convient par pour définir mon parcours et mes objectifs. L'originalité suggère une distinction de l'ordre de la hardiesse ou du non-conformisme qui ne correspond pas à l'esprit de cette "construction". Ce n'est pas non plus dans le sens d'une œuvre originale artistique (qui émane directement de l'auteur) que s'inscrit mon projet. Il est le fruit de la nécessité de découvrir le potentiel de cet outil, de prendre du recul, d'une réflexion qui se manifeste comme se fait toute pensée : d'abord par la rupture, l'étonnement qui fige notre action et ouvre sur… Ainsi la rupture n'est pas d'apparat ou ostentation et si elle inquiète les spectateurs, les proches ou même celui qui "rompt", elle est pourtant une nécessité. C'est seulement plus tard que cette rupture de l'industrie à l'Internet a pris dans ma conscience l'aspect d'un passage nécessaire.

Cependant, je ne proposerai dans cet ouvrage aucune autre "vision" se substituant à toutes celles qui se font jour pour le bonheur des uns et le malheur des autres. Mon objet est clairement de repositionner à partir de mon expérience l'outil et ses fonctions possibles dans différents domaines d'application pour parfois dégager les questions qui m'ont accompagné et qu'il me paraît urgent de se poser. Si l'outil nous prolonge et nous transforme, que pouvons-nous dire de ces modifications pour les sociétés humaines, pour l'entreprise, pour le savoir ou pour tout ce qui fait que nous puissions définir une Humanité ?

Dans le feu de l'action, le champ que m'ouvrait progressivement l'Internet déroulait aussi pour moi une réflexion sur la technique. Cet outil me faisait percevoir dans un premier temps qu'avec lui l'esprit du taylorisme était révolu et qu'il faudrait que mes collègues chefs d'entreprises en prennent conscience. La technique insidieusement modèle nos façons d'être et il faut toujours rattacher les "acrobaties" qu'elle nous permet de faire au point de vue de leurs sens.

Un des questionnements qui accompagne mon histoire et son lien à celle de l'Internet est celui de la nécessité de penser le travail autrement. Cette question est au cœur de toutes les transformations opérées par les outils de "communication". Tous les métiers de la médiation évoluent et nous devons comprendre comment intégrer ces outils dans notre rapport au savoir.

Pour l'heure les changements enregistrés ne sont pas énormes, nous sommes en situation d'adaptation. Seule la volonté d'expérimenter peut donner à celui qui le désire les clés de ce nouvel espace. Comment l'entreprise peut-elle intégrer dans sa définition le fait de devoir devenir aussi un lieu de formation, et pour aller plus loin, quelle place et quel contenu accorder à cette formation pour qu'elle soit source de plaisir et regain d'inventivité ?

Ce qui me séduit dans le fonctionnement d'Internet peut se traduire par l'image du jardinage, il faut observer, connaître le terrain, entretenir en permanence ce qu'on y met ...

Par contre, ce qui me surprend c'est qu'aujourd'hui tout paraît normal. L'étonnement a disparu. A peine prononcées, les découvertes appartiennent au banal et sont reléguées du côté d'un esprit magique qui tient du quotidien de l'enfant. Il n'y a plus d'émerveillement devant des choses magnifiques et nous traversons la vie en somnambules. Le temps ne se vit plus que comme qu'une ligne droite et la richesse de l'expérimentation quotidienne tient de la pure consommation événementielle, nous empilons nos propres trouvailles sans qu'elles ne bousculent nos habitudes, tout se qui se consomme se consume.

Le temps est perverti et l'aventurier est devenu un recordman de l'empilement. Mais la responsabilité revient-elle seulement à la technique ? Il ne me semble pas que la technologie soit la seule responsable de ce fait. Elle est est à notre service mais si elle nous sert, elle peut aussi nous enserrer dans l'absurde. Nous utilisons le téléphone tous les jours mais quel parent pourrait en expliquer le miracle à son enfant ? De même, nous allons introduire l'ordinateur dans les écoles mais cette incroyable vitesse de compilation de données qui n'a pas de rapport avec l'esprit humain, semble un acquis définitif. Où est la faille ? Qu'est-ce qui nous sépare d'un sens plus originel de l'homme ? Si l'humanité craint ce qu'elle invente pourquoi cache-t-elle autant ses craintes ? Le propos de ce livre n'est pas de répondre à ces questions mais de les aborder et d'établir un dialogue qui peut aussi dépasser le champ qui nous est imparti.

Michel Serres, ainsi que d'autres philosophes, nous parle de la faculté de mémoire que nous perdons. Il suggère que les fonctions que nous abandonnons (écologiques) nous ouvrent à autre chose. En perdant la mémoire nous nous libérons pour ou vers le développement d'une autre fonction. Cette fonction indéfinissable serait selon lui porteuse d'espoir. Ces réflexions nous appartiennent, et j'estime qu'il serait bon de les envisager dans le cadre global de la société comme des questions urgentes pour nous et nos enfants. La fonction d'enseigner est au cœur de ce vaste mouvement des nouvelles technologies, ne la négligeons pas.

Nourri très jeune de culture technicienne, j'ai éprouvé plus tard le besoin de chercher à réduire l'écart culturel entre l'univers de l'art, des sciences et la culture de l'entreprise. Car l'information n'est en rien un bien seulement matériel. C'est en testant les modalités de travail sur l'Internet que j'ai compris que cet outil m'offrait autre chose que la possibilité d'accroître la rentabilité de mon entreprise. Il me restituait une "part laissée inerte" de mon esprit, la part intimement liée au plaisir intellectuel d'apprendre et de confronter mes idées, plaisir de la connaissance qui semblait devoir resté toujours en deçà de mes activités. Les modalités de travail sont les modalités d'existence. Mon existence ne pouvait plus se faire au détriment de la richesse de la vie.

L'outil Internet a pris son sens dans la possibilité qu'il offrait d'apprendre, de communiquer et de construire autrement. La seule quête de l'information n'était pas un défi, l'information est périssable et n'a pas de vertu en soi. L'élément passionnel était sa structuration, son exploitation, et l'ouverture créative qu'elle m'offrait.

Parmi les autres questions que je me posais, il y avait la question de la stabilité. Qu'est-ce qui peut être stable ? Que signifie la stabilité à l'aube d'une époque où tous les fondamentaux de la pensée (ou presque) ont été bouleversés ? Pour l'entreprise la question devenait : qu'est-ce-qui protège le dirigeant, le travailleur ou l'homme en général ? S'il faut penser une stabilité, elle ne peut être imaginée que dans le mouvement ou dans la recherche d'un équilibre.

Je ne veux surtout pas signifier que l'esprit critique doit laisser sa place à une avancée aveugle. Au contraire, je dois répéter que nous devons nous familiariser avec un mode de penser et un mode d'être différent. Nous devons comprendre cette "nouvelle donne" de l'économie et de la société comme une necessité de repenser les fondations de notre civilisation et chercher ce qu'elle peut apporter de positif pour l'homme. Si nous devons réfléchir à la technique et aux fonctions de l'outil nous devons garder rigoureusement à l'esprit que cet outil doit être au service de l'homme et que jamais un outil ne peut par nature nous rendre esclave. L'ordinateur est fondamentalement un instrument de mesure et d'organisation. Ne lui attribuons pas plus de vertu que nous ne pouvons en avoir nous-mêmes.

Si par "définition" l'industrie veut toujours plus, l'idée du réseau est de vouloir mieux et le mieux ne peut venir que par le partage de nos savoirs. La crainte des dirigeants traditionnels s'exprime par le fait qu'ils n'ont le plus souvent pas les clés de la compréhension de l'outil. Ils cherchent les clés ailleurs et n'ont pas l'habitude de les chercher chez eux, ni en eux-mêmes. Le décloisonnement s'opère doucement pour la hiérarchie interne à l'entreprise mais on constate aussi qu'il s'opère dans son environnement extérieur. Si l'intérêt global pour l'entreprise se situe au niveau du temps de développement, de la réactivité et dans la diminution des intermédiaires, il faut que l'entreprise soit bien consciente de la portée de ces changements qui la touchent dans le cœur même de ce qui la constituait : son ordre et la place qu'elle accorde aux êtres qui la compose. L'ordre change et les hommes changent aussi, ces signes avant-coureurs ne doivent pas passer pour insignifiants, ils les interpellent aussi sur le monde à venir.

C'est ainsi que je veux continuer à prétendre que la notion de plaisir peut revenir dans le travail et que cette notion a simplement été pervertie.

Mais, l'essentiel de ce que je veux exposer ici est que ce nouvel outil demande de la rigueur, il demande de comprendre ce qui est devenu inéluctable : la forme du savoir va être modifiée. Si on considère par exemple un historien, il devra changer sa manière de travailler, il devra intégrer cet outil et en comprendre les fonctions. Mais ce qui est incontestable c'est qu'il devra acquérir des connaissances techniques indispensables pour participer à ce que l'on nomme "l'aventure Internet". Car il faudra de la rigueur pour pouvoir structurer et partager toutes les informations et les connaissances de l'humanité. Certes et bien heureusement, il ne devra pas devenir informaticien mais il est inévitable qu'il doive assimiler un savoir technique minimum. Ainsi, ce qu'il est difficile de nier, c'est que cette partie technique va modifier en profondeur sa façon de travailler.

J'insiste sur la notion de rigueur dans la construction des sites. Il ne s'agit pas de produire toujours plus de page Internet. La rigueur est une contrainte pensée pour le mieux, pour faciliter la compréhension du récepteur d'information. Menu déroulant, arborescence, il faut ouvrir au fourmillement de l'intelligence et à sa rigueur pour que dans cette petite fenêtre se trouve l'ouverture vers un champ d'expérience intelligible. Pour cela, la logique de navigation, la présentation et la structuration de l'information doivent être pensés comme des fondamentaux.

Le potentiel de cet outil évoque pour moi l'image de la domestication du feu. Je vous laisserai imaginer tout ce que cette image peut suggèrer. Sans rien vouloir prédire ou anticiper, ce que les nouvelles générations vont vivre sera peut-être comparable à ce phénomène. Ainsi, l'architecte d'un site a-t-il un rôle déterminant et si nous ne comprenons pas que nous sommes poussés à devenir des architectes inventifs pour ne pas risquer de brûler nos ailes à ce feu, nous n'avons pas compris l'importance de cet outil et il risque de devenir un supermarché du bric à brac.

Il faut apprendre à forger sa compétence sur l'Internet et comprendre son fonctionnement avant de partir tête baissée dans cette aventure et en revenir déçu parce que "le dialogue n'y avance pas comme on pouvait l'espérer".

Dans cet ouvrage, vous pourrez comprendre aussi ma passion pour une réelle Présence sur l'Internet, en particulier grâce à la technique du référencement. Il est bien d'éditer un bon travail mais le plus important est que son contenu devienne accessible. Un excellent travail mal référencé est un travail invisible (on estime à 70% les informations " grises " : disponible seulement pour celui qui en connaît l'adresse).

D'autre part vous remarquerez que je pense qu'il est important de ne pas laisser "aux patrons de l'informatique" l'extension de cet outil. L'Internet n'est pas seulement de l'informatique puisqu'il permet une réelle implication dans la société.

Parmi ces implications, force est de constater, que la réflexion sur l'évolution des pratiques pédagogiques est nécessaire et plus urgente que jamais. Les nouveaux métiers de la communication qui émergent avec l'Internet ont donné lieu à une floraison de formations initiées dans l'urgence et qui sont rarement pertinentes. On peut constater que rarement il s'agit de donner un sens et un contenu à ces expériences d'apprentissage. Il est urgent de considérer la véritable finalité des diverses formations dans le domaine "multimédia". Dans ce cadre, la question de la vitesse et de son rapport avec la culture doit aussi être posée. Nous devons être attentifs aux déploiements des nouvelles formules "formation" et veiller à ce qu'elles soient menées par des personnes compétentes.

C'est pour toutes ces raisons que je raconterai mon expérience d'entrepreneur dans un univers mécanique où a fait irruption ce nouvel outil : très tôt, j'ai voulu comprendre le rôle qu'il pouvait jouer au sein d'une entreprise et très vite j'ai compris les problèmes auxquels seraient confrontés mes collègues, entre autre, apprendre à structurer l'information comme on structure une entreprise.

Nous entrons dans un siècle qui se prétend être un siècle de communication. Mais pour autant qu'il en parle, il ne faut pas oublier que beaucoup de barrières restent à surmonter, qu'elles soient linguistiques, culturelles ou politiques et ces questions ne s'effaceront pas d'elles-mêmes comme par magie parce que des nouveaux outils font surface.

Que peut-on réellement déduire d'une expérience personnelle ? Quels sont les facteurs invariants qui nous permettront d'appréhender plus vite ce média ?

Tout reste à faire. J'espère simplement que l'Internet deviendra autre chose qu'un seul outil de guerre économique.



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