Philippe Contal, lors d'une conférence de présentation de son ouvrage «Passion Wbemaster» PASSION WEBMASTER
Donner du Sens aux Systèmes et Technologies de l'Information

Philippe Contal (éditions ISDO, 2001) - ISBN 2-9516435-0-0 - EAN 9782951643505

Disponible également en version imprimée 
 
     

     
 
 Passion Webmaster 
 Avant-propos 
 1- Introduction 
 2- Internet pour faciliter les échanges de données informatisées 
 3- A la découverte du web… 
 4- www.alpha-c.com 
 5- Veille stratégique et industrie mécanique 
 6- Conférences 
 7- Voyage en Terre d'Oc, le catharisme : www.cathares.org 
 8- Deux champs d'expérience… 
 9- @pex, l'intranet du groupe Alpha-C 
 10- Le Projet Beaucéant : www.templiers.org 
 11- Internet, intranet et communication 
 12- Création d'@drénalyne communication 
 13- Création d'Histophile : www.histophile.com 
 14- Création du groupe I.S.D.O. : www.isdo.net 
 15- Le groupe I.S.D.O., IT-Lab 
 16- Intelligence économique et veille stratégique 
 17- Conclusion 
 Glossaire 
 
     
6- Conférences

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"J'ai encore besoin de disciples de mon vivant et si mes livres précédents ne sont pas des hameçons, ils ont raté leur vocation. Le meilleur et l'essentiel ne peut se communiquer que d'homme à homme."
Friedrich Nietzsche, Allemagne, 1844-1900



Mai 1997, Ecole Polytechnique de Palaiseau.

Privilège d'être parmi les pionniers, je fus invité à participer à une table ronde à l'Ecole Polytechnique. Dans le cadre des formations continues, je me retrouvai ainsi à parler dans le sacro-saint amphithéâtre.

"Philippe, attention à ne pas te prendre trop au sérieux... Tu es certes dans l'amphithéâtre de l'Ecole Polytechnique, mais tu n'en n'est pas issu, me rappela Sehaliah, fidèle ange gardien, parfois un peu agaçant.
- Merci de me le faire remarquer ! J'ai presque failli l'oublier.

- Alors voici un autre exemple concret de l'utilisation de l'Internet dans une P.M.I.. Philippe Contal va nous présenter ce qui a été mis en oeuvre dans le groupe Alpha-C.
- Alpha-C est un groupe de sous-traitance mécanique composé de quatre entreprises, 200 personnes...."

Et me voici parti dans l'aventure des présentations orales, des conférences et tables rondes, des animations d'assemblées générales...

Juin 1997, show de présentation de Microsoft à Paris.

"Alpha-C figure parmi les pionniers dans l'utilisation de l'Internet en P.M.I.....
- Le transfert de fichiers est la première utilisation que nous avons trouvé à cette technologie. Plus fiable et plus rapide que les disquettes ou les cassettes, l'Internet permet d'échanger efficacement des plans et données techniques..."

Parmi les nombreuses questions qui fusèrent dans la salle, il y avait : "Quelle architecture informatique avez-vous mise en place ? Quels logiciels utilisez-vous ?". Immanquablement, je répondais que le logiciel ne faisait pas tout et que les compétences et habitudes de travail étaient plus importantes. Je ne faisais pas de publicité pour un éditeur de logiciels mais je partageais mon expérience avec d'autres dirigeants.

Les premières conférences et présentations furent plutôt orales, avec quelques copies d'écran. Mais il me sembla très rapidement que parler de l'Internet sans le montrer et l'utiliser était trop théorique. Il me fallait mettre au point une présentation interactive. Alors mieux valait utiliser un navigateur Internet et une présentation en ligne.

"Tu prends des risques... mais c'est probablement la meilleure solution.
- Je trouve ridicule d'utiliser une présentation sur transparents, voire - c'est à peine mieux - une présentation PowerPoint pour faire une démonstration de l'Internet. C'est vrai qu'il me faudra une ligne téléphonique et une connexion."


Plusieurs fois, je fus dans des situations inconfortables...

Club A.P.M. de Haute-Saône, mai 1998.

"J'en suis désolé, mais il va me falloir faire une présentation théorique. En effet, la ligne téléphonique résiste à mes tentatives de connexion.
- C'est rassurant, même un expert a parfois des problèmes de connexion. Et moi qui croyais être le seul à éprouver des difficultés à utiliser l'Internet... s'exclama un participant !
- Néanmoins, vous verrez une bonne partie de ce que je comptais vous présenter. J'ai en effet une sécurité sur mon disque dur. Le site Alpha-C fonctionne aussi off-line, en mode non connecté. De la même manière, mon support de présentation, accessible depuis www.webmestres.org est aussi sur mon disque dur.
- Prévoyant, Philippe.
- Merci.
"

J'avais été tellement déçu de voir des personnages importants - ou supposés tels - faire des présentation de l'Internet avec des transparents photocopiés en noir et blanc, que je m'étais promis de ne pas tomber dans cette facilité.


support en ligne des conférences de Philippe Contal
- support en ligne des conférences de Philippe Contal -


Club A.P.M. de Bordeaux Rouge, mars 1998.

Cette fois-ci ce fut plus délicat. La salle de conférence qui avait mise à ma disposition était magnifique... mais elle comportait trois pans de mur en baies vitrées. Avec un soleil magnifique, c'était très agréable, sauf qu'il m'était impossible d'utiliser sereinement un vidéo-projecteur !

"Je fais confiance à votre imagination pour compléter ce que vous ne pourrez voir à l'écran !"

Le plus amusant était que l'organisation de chaque présentation était différente. En fonction des personnes présentes, des attentes, des questions, et aussi de mon humeur, je présentais différemment ce média qui me passionnait tant, l'Internet.

Chambre Syndicale de la Métallurgie du Cher, assemblée générale, juin 2000.

"Je vous propose d'orienter la présentation exclusivement sur l'industrie de la sous-traitance mécanique. Au travers de mon expérience au sein du groupe Alpha-C mais aussi par ce que l'on peut voir aujourd'hui comme évolution dans ce type d'activité, grâce aux - ou à cause des - Technologies de l'Information.
- Pouvez-vous aussi parler des salles de marché ?
- Oui, cela viendra dans un deuxième temps.
...
- Mais revenons-en à votre question initiale, les salles de marché et la mise en concurrence sauvage qui risque de toucher les sous-traitants. La concurrence internationale n'est pas neuve dans nos métiers. En revanche, elle va probablement prendre une nouvelle dimension par l'utilisation de l'Internet. Avez-vous suivi le regroupement des grands constructeurs automobile américains, fin février 2000 ? D'autres constructeurs internationaux sont venus grossir les rangs depuis cette date historique. Vous pouvez visiter la partie publique sur l'adresse www.covisint.com. Le projet Covis consiste essentiellement en trois points : le partage de données entre les constructeurs et sous-traitants, appelé le co-développement ; l'optimisation de la chaîne de fabrication, la supply chain ; et la mise en concurrence s'apparentant aux enchères... inversées.

Ces trois points me semblent essentiels vis à vis de l'industrie. Le co-développement permettra de partager des données et donc de gagner du temps dans les transferts d'informations, celles-ci étant partagées et non plus simplement échangées. Il existe cependant un risque pour les fournisseurs : une partie du savoir-faire sera immanquablement hébergé chez le client. Comment pourrons-nous valoriser un sous-traitant dont une partie du savoir-faire ne lui appartient pas ?

Dans le deuxième axe, nous retrouvons l'optimisation de la chaîne de fabrication, la supply chain. L'enjeux consiste essentiellement à réduire les délais, à compresser les temps, à optimiser la logistique. Bref, trouver des gains de productivité où les entreprises sont encore faibles : les relations entre elles. Les efforts consacrés à la fabrication et aux moyens de production sont tels que la proportion des gains potentiels est localisée aujourd'hui dans les échanges, les relations entre les entreprises. Physiques, informationnels ou financiers, ces échanges sont probablement le réel enjeux de l'avenir des entreprises, que l'activité principale soit la fabrication, la distribution ou le service. On trouve aujourd'hui de nombreuses initiatives des grands constructeurs (automobile, électrotechnique, distribution...) et des nouvelles entreprises, start-up dont le créneau vise essentiellement cette mise en relation électronique. En revanche, on ne trouve pas encore de groupements de sous-traitants ou co-traitants. Je reste persuadé que le processus de regroupement amorcé depuis une dizaine d'années chez les fournisseurs va connaître une accélération en partie due à ces phénomènes. Il sera en effet plus utile et judicieux de proposer une offre complète, associant plusieurs savoir-faire, que se cantonner à son seul métier de base. Les possibilités de croissance n'étant pas infinies au sein des entreprises, on verra probablement l'apparition de nouveaux types de regroupements, plus performants que les Groupements d'Intérêt Economiques (G.I.E.) qui ont fait des dégâts chez de nombreux sous-traitants voici plusieurs années.

Le troisième et dernier point, celui de la mise en concurrence des sous-traitants, le monde des enchères. Le concept est simple : à une date précise, dans un créneau horaire réduit, généralement de 10 minutes, vous avez la possibilité de répondre en temps réel à un appel d'offre lancé à l'échelle de la planète. Vous pouvez alors être en concurrence, pour un client situé à quelques kilomètres de votre lieux de production, avec des entreprises de Pologne, de Roumanie, d'Espagne, d'Italie, des Etats-Unis... Le mode relationnel d'homme à homme ne compte alors plus guère. Le prix est le premier critère, juste après l'utilisation de l'Internet.

On peut aussi trouver des tiers, nouvelles entreprises dont le cœur de métier est la mise en relation entre des donneurs d'ordre et des fournisseurs, moyennant une marge au passage. Par exemple, on peut citer TradeMatch (www.tradematch.com). Comme son nom ne l'indique pas, cette entreprise est française ! D'autres initiatives ont été lancées depuis les résultats prometteurs de cette jeune entreprise, créée en 1999. Remarquons toutefois que bon nombre d'essais se soldent par des échecs retentissants. L'investissement en marketing étant considérable pour atteindre l'audience nécessaire à un retour sur investissement. De plus, le succès d'une entreprise, quelque soit sont activité, est dans la durée ; ce que bon nombre d'aventuriers de la nouvelle économie oublient dramatiquement.

Cette mise aux enchères des savoir-faire est perturbante pour les services commerciaux non préparés à ce type de relation. On peut cependant constater que les prix alors pratiqués par les sous-traitants peuvent être plus élevés que ceux qui auraient été remis avec une méthode traditionnelle. Cas vécu ! Ayant à votre disposition les positions des concurrents, il n'est pas nécessaire de faire chuter les prix aveuglément. Quelques centimes peuvent parfois vous faire remporter le marché. Mais nous n'en sommes qu'au début de cette ère nouvelle des relations entreprises, le fameux B2B."

Ainsi, les multiples conférences m'ont permis de me confronter à des points de vue fort différents les un des autres, des problématiques parfois très éloignées. Mais j'ai pu constater à quel point les entreprises, quelque soit leur cœur de métier, sont devant un bouleversement dans leur organisation et leurs relations. Malheureusement, beaucoup d'entre elles sont encore incapables de mesurer l'ampleur de ces modifications pourtant essentielles.

A en lire la presse spécialisée, les premiers arrivés seront les gagnants de cette nouvelle économie. Certes, la vitesse est un paramètre important et les parts de marchés sont à prendre. En revanche, il me semble important de pondérer ce point de vue. Certes les premières entreprises ont pu se constituer des niches appréciables. Yahoo! (www.yahoo.com), portail depuis 1995 en est un excellent exemple, d'autant plus que cette entreprise est parmi les rares à être rentables. Le cas d'Amazon.com (www.amazon.com), site de vente de livres et disques positionné jusqu'alors aux Etats-Unis ne peut pas en dire autant. Certes il fait de l'ombre à son principal concurrent Barnes & Noble (www.barnesandnoble.com), mais en sera-t-il toujours ainsi ? Peut-on indéfiniment afficher des pertes, en ne les justifiant que par des prises de marché ? Le cas de Boo.com (feu www.boo.com) prouve que les investisseurs peuvent parfois couper court à une ambition démesurée... et mal mise en oeuvre.

Nous aurons à revenir sur ces considérations importantes, mais il est une distinction à opérer dès à présent : les entreprises existantes qui se doivent de réfléchir à ce que les Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication peuvent leur apporter - comme opportunité ou comme menace - et les entreprises qui peuvent se créer sur des concepts novateurs et des modèles économiques à créer et à valider.


En quelques mots…

Chaque entreprise doit aujourd'hui se poser la question des opportunités et menaces liées à l'introduction des Technologies de l'Information et de la Communication dans son univers. Chaque secteur est concerné, de manière plus ou moins prononcée mais dans un avenir proche, si ce n'est pas dans le présent.

Les exemples de regroupement des grands constructeurs internationaux montrent ce à quoi peuvent s'attendre les entreprises de production et de distribution. La mise en concurrence produira probablement une accélération du phénomène de regroupement, amorcé depuis une dizaine d'années.

L'univers économique dans lequel nous sommes entrés est caractérisé par de nombreuses incertitudes. La technologie permet de nombreuses applications mais il faut être vigilant sur les modes de consommation et les habitudes qui ne changeront peut-être pas aussi rapidement. La meilleure démarche vis à vis de l'Internet s'apparente aux processus d'apprentissage : essais et échec. C'est en faisant différents essais que nous pourrons définir les meilleures voies à développer, les meilleures solutions.


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